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La piqûre des neuromodulateurs par Manon Chevalier

Les agents neuromodulateurs, mieux connus sous la marque BOTOX, ont changé à jamais notre façon de dompter LES SIGNES DU VIEILLISSEMENT sur notre visage. Où en sommes-nous, 20 ans après leur apparition parfois contestée? On fait le point sur cette QUESTION POINTUE.

Article original

«Bonjour, je m’appelle Nicole Kidman. J’ai 47 ans, je suis une addict du Botox, et je veux m’en sortir.» Cette confession, l’actrice australienne aurait pu la faire il y a cinq ans, lorsqu’elle décidait de cesser les injections, qui de son propre aveu lui donnaient «un air figé». Et elle n’est pas la seule. D’autres stars, comme Gwyneth Paltrow, Cameron Diaz, Cindy Crawford ou, plus près de nous, Pénélope McQuade, ont aussi décidé de renoncer à l’appel des aiguilles, histoire de laisser leur visage vieillir naturellement. À l’autre extrémité du spectre, il y a les Kim Kardashian, Meg Ryan, Renée Zellweger ou Madonna, qui usent et abusent délibérément de l’effet tenseur des neuromodulateurs, entre autres interventions esthétiques – pour des raisons qui leur appartiennent. Entre les deux, on compte des millions de femmes – et de plus en plus d’hommes –, célèbres ou non, qui ont recours au Botox pour atténuer plus subtilement leurs rides d’expression. Une chose est sûre – et loin de nous l’idée de culpabiliser qui que ce soit –, tous les cas de figure coexistent depuis l’arrivée révolutionnaire en 2001, de Botox Cosmétique (le chef de file mondial, devant les marques Xeomin et Dysport). «Il y a 20 ans, recevoir un traitement de Botox était un acte marginal, mais plus maintenant», affirme le Dr Jean-François Tremblay, dermatologue et directeur médical de l’Institut de médecine esthétique MédIME. Or qu’est-ce qui a le plus changé, selon le spécialiste qui fut l’un des premiers à administrer des neuromodulateurs injectables? «Aujourd’hui, les patients veulent que leur apparence reflète leur vitalité intérieure. L’avènement de nouvelles techniques, de même que la compréhension encore plus poussée de l’anatomie humaine et du processus du vieillissement, permettent de mieux déjouer les effets du temps. Certes, on peut faire retrouver à nos patients l’éclat et le tonus qu’ils avaient quelques années auparavant, mais il faut agir avec modération dans la quête du rajeunissement; sinon, on perd en naturel.» Un avis que partage la Dre Geneviève Blackburn, qui a fondé la Clinique DGB: «C’est fou comme les techniques d’injection ont changé en 10 ans! À l’époque, on administrait de plus grandes quantités de toxine: on en injecte généralement un tiers de moins, aujourd’hui. On espace les traitements et on comprend mieux le processus naturel du vieillissement. On est loin de la folie furieuse des années 1990, où les femmes se ressemblaient toutes avec leur front figé et leurs sourcils arqués. Maintenant, les résultats sont plus naturels et flatteurs. Mais, insiste l’omnipraticienne, ce n’est pas tant le produit qui compte que le professionnel qui l’injecte!»
Fait intéressant, la majorité d’entre nous ne souhaite pas avoir l’air plus jeune à tout prix. On cherche autre chose. «Ce qu’on veut au fond, c’est effacer les signes qui donnent au visage un air fatigué, soucieux, triste ou fâché. Ce que les neuromodulateurs réussissent très bien à faire, fait valoir la Dre Lan Chau Nguyen, une omnipraticienne qui pratique des interventions esthétiques
chez Dermapure. Administrés avec justesse et parcimonie, ils nous donnent un air détendu et reposé, comme si on revenait de vacances. Comme praticienne, je cherche à adoucir les traits du visage, de manière harmonieuse, sans les transformer, les figer ou les dépersonnaliser. Et sans laisser de traces, car aujourd’hui, on ne veut plus que les injections se voient.» Car, contrairement aux États-Unis, où les injections visibles semblent la norme pour mieux afficher son statut social, au Québec comme en France, on prône la subtilité avant tout. Bien entendu, on comptera toujours quelques requêtes extrêmes (vouloir rajeunir de 10 ou 15 ans en six mois, ou devenir la copie conforme d’une star mégaliftée), mais, de l’avis des experts interrogés, leur nombre demeure infime.

Rester jeune… à 20 ans
En revanche, la soif de retouches esthétiques chez les jeunes femmes dans la vingtaine va sans cesse croissant. Un phénomène étonnant qui s’explique surtout par le pouvoir infini des réseaux sociaux auprès des milléniales, qui y scrutent leur image et celle des autres. Assumées, plus informées et exigeantes que leurs aînées, elles misent à fond sur la prévention, chouchoutent leur épiderme, et traquent les moindres ridules avant même leur apparition.
Soit, mais sachant que les signes visibles de l’âge apparaissent généralement autour de 30 ans, l’injection de neuromodulateurs est-elle indispensable dans la vingtaine? Les avis sont partagés. Pour Jennifer Brodeur, fondatrice de la gamme de soins JB Skin Guru et conseillère cutanée des Oprah Winfrey et Michelle Obama de ce monde, «cette pratique n’a aucun sens sur une peau aussi jeune! Et c’est sans compter sur les effets à long terme encore inconnus du Botox… Je préfère parler de santé globale de la peau: on l’hydrate et on la protège du soleil. On ne fume pas, on limite sa consommation d’alcool et on mise sur un sommeil réparateur pour avoir un teint frais. Avoir l’air jeune passe davantage par un teint net et lumineux que par un visage lisse!» Pour sa part, le Dr Jean-François Tremblay se montre plus nuancé. «Mettre un âge sur l’accès aux traitements est arbitraire. Tout dépend de l’examen diagnostique. Par exemple, une patiente de 23 ans qui fume ou qui abuse du salon de bronzage peut avoir une peau plus abîmée qu’une autre de 35 ans. Quel que soit l’âge des patientes, j’insiste sur la protection solaire – les rayons UV étant responsables à 70 % du vieillissement cutané – et les saines habitudes de vie, qui comptent pour les 30 % restants.» Cela dit, intervenir tôt a des avantages. «La peau répond mieux, ce qui permet d’injecter des doses plus faibles et plus espacées dans le temps», affirme la Dre Nguyen, en appelant au discernement de chacun. N’empêche, cette course à la perfection préoccupe de nombreux médecins, dont la Dre Geneviève Blackburn: «Depuis l’avènement des réseaux sociaux, il n’y a plus de place pour la moindre imperfection. On a un devoir d’éducation auprès des filles de 20 ans, dont les standards cutanés sont incroyablement élevés. Si une patiente est vraiment incommodée par sa peau marquée, j’interviens très légèrement à l’aide de minidoses de neuromodulateurs ou d’agents de comblement. Sur une peau saine, je prône d’autres soins, tel le Skin Booster, dont les micro-injections d’acide hyaluronique revitalisent en profondeur la peau, la repulpe et lui donne un éclat spectaculaire, en plus de retarder l’apparition des rides.» Une approche tout à fait dans la tendance des tweakments, ces traitements non effractifs, rapides et légers, dont celui à base de la nouvelle toxine botulique de type B-2, qui promet une nouvelle révolution dès 2020. Mais d’ici là, pleins feux sur les neuromodulateurs existants.

Flashback sur les neuromodulateurs
Vancouver, 1987. Cette année-là, la Dre Jean Carruthers, une ophtalmologiste canadienne reconnue, est sur le point de faire une découverte fascinante. Elle la doit à une patiente de 80 ans qui voyait ses rides entre les sourcils s’atténuer après le traitement de ses blépharospasmes (des mouvements involontaires des paupières) avec du Botox, alors voué strictement à des fins médicales. Et si elle détenait le secret de la jeunesse? De concert avec son mari, le dermatologue Alistair Carruthers, et malgré les railleries de la communauté scientifique, qui trouvait l’idée loufoque, elle enchaîne les essais, en étant au début son propre cobaye! Après de longues années de recherche et d’études, le Botox cosmétique voit le jour, puis obtient l’approbation des plus hautes instances de santé mondiales, dont Santé Canada, en 2001. Son succès est planétaire. Aujourd’hui, il est l’allié esthétique de centaines de millions d’adeptes dans 96 pays. À sa source: la toxine botulique de type A, sécrétée par la bactérie Clostridium botulinum, responsable du botulisme et isolée pour la première fois en 1895 par le biologiste belge Émile van Ermengem. Qu’on se rassure: cette protéine entièrement naturelle est maintes fois purifiée dans les conditions de salubrité les plus strictes et son administration à faible dose s’avèrent très sécuritaires. Une fois injectée, elle interrompt la transmission des influx nerveux qui poussent les muscles à se contracter. Résultat: les rides dynamiques (front, ride du lion, pattes d’oie) sont visiblement lissées au bout d’une semaine, et conservent cet aspect détendu pendant trois ou quatre mois.
«Une fois l’effet du produit estompé, la zone traitée retrouve alors son apparence initiale, explique Jessica Léveillée, directrice chez Dermapure. Avec le temps, le muscle perd de son tonus, si bien qu’on peut espacer les visites et avoir recours à une plus petite quantité de produit.» Depuis quelques années, on jumelle les injections de neuromodulateurs à celles des agents de comblement, aussi appelés injections volumisantes, pour redonner du volume aux parties du visage en perte de densité (tempes, cernes creux, joues, lèvres, contour de la bouche, mâchoire) ou pour atténuer cicatrices d’acné et rides très profondes. Composés d’acide hyaluronique, un dérivé du sucre présent dans l’organisme, ces agents (connus notamment sous les marques Juvéderm, Restylane, Teosyal, Radiesse ou Belotero) ont un effet quasi immédiat qui dure de 8 à 18 mois selon la zone traitée.

Précautions
Bien qu’ils soient sûrs, les neuromodulateurs sont contreindiqués pour les femmes enceintes ou qui allaitent, aux personnes atteintes de maladies neuromusculaires ou respiratoires ou ayant une hypersensibilité connue à la toxine botulique de type A ou dont la zone d’injection présente une inflammation ou une infection. Quant aux effets indésirables (mal de tête ou ecchymose), ils sont minimes et permettent de reprendre le cours de ses activités dans l’heure. «Par contre, indique le Dr Joseph Doumit, dermatologue esthétique et médical, une attention immédiate est exigée si l’on note toute rougeur ou enflure marquée, une douleur ou un affaissement de la paupière, ou, dans de très rares cas, de la difficulté à avaler, à parler ou à respirer.»
Enfin, des précautions s’imposent après chaque traitement. «Dans les quatre heures suivant l’injection, recommande la Dre Geneviève Blackburn, on évite de pencher la tête – même pour consulter son téléphone intelligent – ou de la rejeter complètement en arrière, de comprimer le visage avec des lunettes, un casque de moto ou de vélo. Aussi, pas de maquillage, de massage, de frottage des zones traitées ni d’exercices ou d’activités intenses causant une sudation excessive.» On évite aussi toutes les sources de chaleur (soleil, hammam, sauna, etc.), pendant 48 heures, afin d’éviter toute migration de la toxine dans une zone voisine. Enfin, comme le rappelle la Dre Nguyen, «Cet acte médico-esthétique n’est pas à prendre à la légère, et doit être administré uniquement par un professionnel de la santé certifié.» Il peut être chirurgien esthétique, dermatologue ou omnipraticien – on consulte le site du Collège des médecins pour s’en assurer. Et, surtout, on évite les «partys de Botox» ou les propositions de charlatans, qui pullulent sur Internet.
L’injection de la toxine botulique sert toujours à des fins médicales. «Elle traite efficacement l’hyperhidrose axillaire, une affection qui entraîne des épisodes de sudation excessive, fait valoir le Dr Joseph Doumit. On s’en sert aussi pour traiter la migraine chronique et le bruxisme, soit le grincement ou serrement involontaire des dents se produisant généralement la nuit.» Santé Canada approuve également son utilisation dans les cas de dystonie cervicale, de strabisme et de spasticité focale. Seuls les médecins sont autorisés à prodiguer ces soins, dont certains sont remboursés par la Régie de l’assurance-maladie du Québec (RAMQ).

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